pole et espace majeur de la mondialisation


La mondialisation est un processus qui conduit à l'intensification des échanges sur la
planète. Elle a donc un impact fort sur les territoires. Elle crée en effet entre eux des
inégalités et des interdépendances. À travers le monde, certains espaces s'affirment
comme les lieux centraux de la mondialisation, d'autres comme des périphéries, voire
des marges.
Quels sont les pôles et les espaces majeurs de la mondialisation ? Quels espaces restent
en marge de ce processus ?


1. Pôles et espaces majeurs de la mondialisation
La Triade : des espaces dominants
• Une concentration de richesses
La Triade réunit les principales puissances de la planète. Il s'agit des États-Unis, de l'Union européenne
et du Japon. Ces espaces représentent 92 % des transactions financières, 65 % du PIB mondial et les
deux tiers des échanges commerciaux, pour 1 1 % de la population mondiale. Ces trois pôles focalisent
ainsi les flux qui structurent le monde. Cette situation est avant tout le fruit d'un héritage lié à
l'histoire, qui a permis un décollage économique précoce de ces territoires.


• Une concentration de pouvoir
La Triade concentre également le pouvoir. Le pouvoir économique est symbolisé par les grandes
Bourses de New Y ork (Wall Street), Londres (La City ) ou Tokyo (Tokyo Stock Exchange). Le pouvoir
politique mondial siège à New Y ork avec l'ONU. Par ailleurs, le poids militaire, diplomatique et
culturel des États-Unis domine la Triade. Les autres pôles disposent d'un poids moins important sur la
scène internationale mais forment un ensemble de puissances militaires et diplomatiques moy ennes
qui occupent la plupart des sièges au Conseil de sécurité de l'ONU.


• Un espace qui s'élargit
Le poids économique de la Triade tend à rayonner et à créer un mouvement d'entraînement. Ainsi, la
plupart des anciens pay s du bloc soviétique en Europe de l'Est ont intégré l'UE en 2004, puis en 2007 .
En Asie orientale, le modèle de développement du Japon a été adopté par les nouveaux pay s
industriels (Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong, Singapour), et la Chine orientale connaît un
spectaculaire développement économique. L'ensemble de la zone tend à intégrer la Triade. Par
ailleurs, il faudra aussi compter davantage avec les grands pay s émergents et notamment les BRICS
(Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).
Les villes : des lieux clés de la mondialisation


• L'archipel métropolitain mondial
On peut également considérer la mondialisation comme un ensemble de flux reliant entre eux, non
pas seulement des territoires, mais aussi des villes. Les villes concentrent richesse, pouvoir et
innovation. Ce fonctionnement est illustré, selon le géographe Olivier Dollfus, par l'image d'un
archipel : les villes fonctionnent entre elles comme autant d'îles formant comme un archipel au milieu
des territoires.


• Des villes mondiales
Parmi ces villes, certaines occupent une place tout à fait particulière. Ce sont les quatre villes
mondiales : New Y ork, Tokyo, Londres et Paris, principaux pôles d'impulsion de l'AMM (Archipel
métropolitain mondial). Certaines de ces villes sont intégrées à une mégalopole, au poids important
dans la mondialisation : mégalopole du nord-est des États-Unis, mégalopole japonaise. En UE, la
mégalopole s'étend de Londres à Milan en passant par l'axe rhénan.


• Une hiérarchie urbaine
On trouve ensuite une série de villes secondaires, comme Milan ou Madrid en Europe, Chicago, Los
Angeles ou San Francisco aux États-Unis. Viennent enfin les villes relais, notamment dans les pay s en
voie de développement, comme Shanghai en Chine ou São Paulo au Brésil.

Interfaces et espaces stratégiques : la charpente de l'espace mondialisé


• Les grandes interfaces mondiales
Parmi les types d'espace qui sont au cœur de la mondialisation, on trouve les grandes interfaces, c'est-
à-dire les lieux d'échanges intenses entre des espaces géographiques. Les grandes façades maritimes
occupent une place importante : celle de l'Asie orientale, avec les plus grands ports du monde de
Singapour à Tokyo, celle de l'Amérique du Nord-Est, de Boston à Washington, ou encore le « Northern
Range », du Havre à Hambourg, avec Rotterdam. Par ailleurs, un certain nombre de lieux ponctuels
forment des « hubs », c'est-à-dire des lieux d'échange, notamment les grands hubs aéroportuaires,
comme à Dubaï.


• Les passages stratégiques
Sans être en soi des lieux centraux, certains points de l'espace mondial sont cruciaux pour la
mondialisation. C'est le cas des détroits, comme ceux du golfe Persique (Ormuz) ou de la Méditerranée
(Gibraltar, le Bosphore). Sont également concernés le canal de Suez et celui de Panamá.


• Les zones stratégiques
Certains points du globe sont aussi des lieux stratégiques car leurs ressources sont vitales à
l'économie mondiale. C'est bien sûr le cas des zones pétrolifères du Moy en-Orient. Les États disposant
de cette ressource ont su l'utiliser pour s'assurer un développement souvent spectaculaire, comme le
Qatar ou Abu Dhabi.


2. Territoires et sociétés en marge de la mondialisation
Le refus de la mondialisation


• Cependant, la mondialisation crée des inégalités entre les territoires. Certains sont considérés
comme des périphéries plus ou moins bien intégrées au centre.


• Est-il possible de vivre en marge de la mondialisation ? Ceci supposerait d'être coupé de la plupart
des flux : marchandises, circulations humaines, flux financiers, flux d'information. Cela ne semble pas
totalement possible ; ainsi, être en marge de la mondialisation consiste à refuser de s'y intégrer, mais
de façon assez partielle. Seuls sont réellement totalement en marge les derniers peuples premiers qui
n'ont pas encore été découverts, ou qui sont volontairement protégés comme tels, comme aux îles
Andaman dans l'océan Indien, sur l'île North Sentinel, où vivent 200 personnes appartenant à un
peuple refusant tout contact avec le monde extérieur.


• Le cas de la Corée du Nord
Un seul pay s refuse explicitement de s'intégrer à la mondialisation pour des raisons idéologiques : la
Corée du Nord. Cet État refuse l'économie libérale et considère que les échanges avec le reste du
monde seraient dangereux pour la construction d'une voie politique et économique inspirée du
communisme. Cela sert surtout à justifier une violente dictature. Ce refus de la mondialisation
s'accompagne d'une politique d'armement. D'autres dictatures ont aussi décidé de fermer plus ou
moins leur pay s, ou sont frappées de sanctions économiques les plaçant en marge. C'est le cas de l'Iran
ou de la Birmanie. Cuba a fait le choix de s'ouvrir partiellement, au tourisme notamment, pour sauver
son régime autoritaire.
Les zones marginalisées


• Le cas des « espaces vides »
Certains espaces sont en marge de la mondialisation, car leur peuplement est trop faible pour susciter
des dynamiques qui permettraient de les classer dans telle ou telle catégorie de pay s. C'est le cas des
déserts chauds ou froids, comme le Sahara ou l'Antarctique, ou de certaines forêts denses. Cependant,
ces espaces représentent tous des enjeux dans la mondialisation par les ressources naturelles qui s'y
trouvent.


• Les PMA et la mondialisation
On peut également s'interroger sur le cas des Pay s les moins avancés. Souvent, certains secteurs
seulement de leur économie sont intégrés à la mondialisation, et seule une part réduite de leur
population y a accès.


• Les disparités régionales

Dans chaque État, si on tente une lecture sociale de la mondialisation, on constate que toute la société
n'y a pas accès de façon égalitaire. On observe ainsi un gradient dans cette intégration, depuis les PMA
jusqu'aux pay s industriels développés, en passant par les pay s en voie de développement et les pay s
émergents. Dans les pay s industriels développés, il existe encore des territoires ou des catégories
sociales moins bien intégrés à la mondialisation, ou bien qui relèvent d'une autre mondialisation, celle
par exemple des réseaux illégaux, comme dans certains quartiers de villes comme Naples en Europe
ou Hong Kong en Asie, par exemple.
Les zones hors de contrôle


• Les « zones grises »
Certaines zones du monde échappent également au contrôle des États. On les appelle « zones grises »
car elles apparaissent souvent ainsi sur les cartes thématiques, faute de statistiques à leur sujet. On
peut citer des États entiers comme la Somalie, ou encore certaines zones d'un pay s, comme le nord du
Mali, voire des quartiers de villes, comme à Bagdad. Il existe aussi des territoires contrôlés du point
de vue d'une activité illégale par des réseaux de trafiquants, comme le « Triangle d'or » en Thaïlande.


• Des espaces et des sociétés en marge
Dans ces territoires, les sociétés sont dominées par des logiques de violence et par des règles
échappant aux principes des droits de l'homme.
Ainsi, l'étude de la mondialisation montre que les disparités entre territoires sont nombreuses. Les
espaces majeurs de la mondialisation répondent à des logiques de rapprochement et d'interrelation,
alors que les espaces en marge montrent qu'il existe encore des inégalités sur la planète, à toutes les
échelles.

 

Source : asp