La bataille de Stalingrad désigne les combats de juillet 1942 au 2 février 1943, pour le contrôle de la ville éponyme, aujourd'hui Volgograd, entre les forces de l'Union des républiques socialistes soviétiques et celles du Troisième Reich. Ils incluent l'approche de la ville par les armées allemandes, les combats urbains pour sa conquête, puis la contre-offensive soviétique, jusqu'à l'encerclement et la reddition des troupes allemandes. L'ensemble de ces combats, dans et hors la ville, firent de à 9000 morts par jour.

Avec la bataille de Moscou, en décembre 1941, et la bataille de Koursk, en juillet 1943, elle constitue l'une des grandes défaites de l'armée allemande et est considérée comme un tournant stratégique majeur de la Seconde Guerre mondiale.
Elle reste dans les mémoires pour l'âpreté des combats urbains, n'épargnant ni civils ni militaires, ainsi que pour son impact psychologique et symbolique.

Stalingrad 111

Contexte de la bataille

À l’automne 1942, la bataille de Stalingrad se déroule dans un contexte où les deux adversaires sont dos au mur : l’Allemagne doit vaincre au plus vite avant l’entrée en scène des américains sur le théâtre européen, l’URSS ne peut plus reculer sans risquer l’asphyxie économique.
C’est justement ce que va chercher à obtenir l’Allemagne nazi en attaquant les ressources du sud du pays.
Stalingrad n’est à l’origine qu’un objectif secondaire dans une des étapes du plan allemand mais l’évolution de la campagne en fera à l’automne l’objectif principal, notamment pour des raisons symboliques.

La situation stratégique globale

Le 22/juin/1941, l'Allemagne et ses alliés de l'Axe envahissent l'Union soviétique, avançant rapidement et profondément dans le territoire ennemi. Après avoir beaucoup souffert pendant l'été et l'automne 1941, les forces soviétiques contre-attaquent lors de la bataille de Moscou en /décembre/1941. Les forces allemandes épuisées, mal équipées pour une guerre hivernale et avec des ravitaillements poussés au maximum de leurs capacités, sont repoussées dans un premier temps puis stabilisent le front, de l’avis des nazis grâce au de Hitler (l’interdiction de tout recul), ce qui jouera sans doute un rôle dans les décisions prises à Stalingrad.

Deux adversaires épuisés

Ces neuf premiers mois ont épuisé les deux adversaires : les pertes allemandes de 1941 sont si grandes qu’après l’hiver la plupart des divisions de la Wehrmacht sont jugées inaptes à l’offensive. Le manque de troupes est tel que l’Allemagne doit demander de l’aide à ses alliés de l'Axe pour tenir le front et dégager les moyens nécessaires à son offensive de l’été 1942.

Côté soviétique, les pertes humaines ont été vingt fois plus importantes et la quasi-totalité du matériel a été perdue. Le potentiel économique a été fortement amoindri car près de la moitié du territoire soviétique en Europe et 80 millions d’habitants sont sous domination allemande. Le remplacement de l'équipement militaire est assuré par l'arrivée d'une aide anglo-américaine massive au titre du prêt-bail, la remise en route des industries déplacées dans l’Oural et un effort de guerre sans précédent qui permet à l'URSS de produire plus d'armes que le Reich dès 1942. L’armée rouge commence donc à se reconstruire mais l’URSS ne peut plus se permettre les pertes humaines et territoriales subies en 1941, d'autant que ce résultat n'est obtenu qu'au prix d'énormes sacrifices par les civils et d'une quasi-asphyxie du reste de l'économie.

Une course contre la montre

Depuis le 7/décembre/1941, les USA sont entrés en guerre au côté des alliés après l'attaque sur Pearl Harbor par les Japonais suivie, quatre jours plus tard, de la déclaration de guerre par l'Allemagne et l'Italie. Adolf Hitler sait que le temps lui est compté s’il ne veut pas avoir à se battre sur deux fronts ; à l’inverse, Joseph Staline demande avec insistance l’ouverture d’un second front en Europe mais il n’obtiendra le 8/juillet/1942 de Winston Churchill que l’assurance d’un débarquement américain en Afrique du nord à l’automne : l’opération Torch.

A la grande déception de Staline, le second front en Europe ne s'ouvrira donc pas en 1942. Cependant la large publicité qui en est faite par la presse alliée entretient les craintes d'Hitler, qui maintient à l'ouest plusieurs unités d'élite , d'autant qu'il est persuadé que l'effondrement de l'URSS, qui se dessine à l'été 1942, incitera les alliés à débarquer au plus tôt, avant que le Reich ne puisse retourner toutes ses forces à l'ouest .

La campagne de 1942

Les échecs soviétiques du printemps 1942

Après les succès de l’hiver 1941-42, l’armée rouge subit de nombreux revers au printemps et plus encore durant l’été 1942 (Seconde bataille de Kharkov, prise de la péninsule de Kertch, destruction de la 5°armée de tank à Voronej, prise de Sébastopol) qui la font passer d’un relatif optimisme à un franc pessimisme avec la prise de Rostov.

Ces échecs confortent les allemand dans leur vision de l'adversaire, car ils découlent de la persistance des faiblesses typiques de l’armée rouge au début de la guerre :
 manque de préparation et, de ce fait, manaque de concentration des moyens ;
 manque de coordination entre les fronts ;
 mauvaise gestion des communications (en partie due au manque de matériel radio) ;
 mauvaise coordination entre les blindés, l’artillerie et l’aviation ;
 lourdeurs et contradictions du double commandement politique et militaire ;
 mauvaise manœuvre des unités blindées ;
 manque d’aviation.

Une large partie de ces défauts sera corrigée durant la première partie la bataille de Stalingrad, ce qui permettra le succès de l'offensive russe au tour de la ville et explique la mauvaise interprétation de la situation par les allemands, qui n'avaient pas perçu l'évolution de leur adversaire.

Pourtant des changements sont perceptibles dès l'été puisque, contrairement à 1941, l'armée rouge bat en retraite plutôt que de se laisser encercler, limitant ainsi ses pertes en hommes et en matériel.
De plus elle fait preuve d’une indéniable ténacité dans la défense en milieu urbain, notamment à Sébastopol, ce à quoi la propagande donne un large écho, mettant en valeur le courage et l’esprit de sacrifice des combattants soviétiques.

L’offensive Allemande de l’été 1942

N’étant plus en état de reprendre une offensive générale, l'Oberkommando der Wehrmacht (Haut Commandement allemand) choisit de concentrer ses moyens sur un front plus réduit que l’année précédente. Fidèle à la philosophie militaire allemande voulant que, dans l'espoir de gains rapides, l'attaque se fasse là où cela est le moins prévisible, les plans pour lancer une autre offensive contre Moscou sont rejetés.

L’option retenue par les allemands pour l’offensive d’été 1942 est donc le plan bleu : une attaque dans le sud de la Russie ayant pour principal objectif le pétrole du Caucase.

Le plan initial

La « Directive 41 » du 5/avril/1942 choisit comme plan initial une attaque qui se développe en quatre phases successives déplaçant le front du Donetz vers le Don (200km à l’est) et se déclenchant séquentiellement, à un mois d’intervalle, du nord vers le sud.
La troisième phase doit permettre de franchir le Don et d’atteindre la Volga là où ces fleuves sont les plus proches : entre Kalatch et Stalingrad où ils ne sont qu’à 80km l’un de l’autre.
Cela permettra de protéger le front nord de la dernière phase de l’offensive, prévue initialement pour le 15 septembre et dirigée plein sud, vers le Caucase, avec pour objectifs principaux les champs pétrolifères de Maïkop, Grozny et Bakou.

Le plan bleu vise une victoire par attrition contre l’union soviétique : il s’agit de détruire son potentiel humain lors des trois premières phases en réitérant les encerclements géants de 1941, puis son potentiel économique en prenant possession d’importantes régions industrielles, minières et agricoles : le Donbass, le Kouban et le Caucase.

Initialement, la prise de la ville de Stalingrad n’est pas un objectif, seul le contrôle de la région environnante et la destruction de son potentiel économique sont jugés nécessaires. Il n’est question que .

Des modifications non négligeables

 Operation Blau : Avancées allemandes du 7 mai 1942 au 18/novembre/1942.
Operation Blau : Avancées allemandes du 7 mai 1942 au 18/novembre/1942.


Le plan bleu sera fortement modifié au cours de son déroulement, plusieurs de ces décisions auront un impact majeur sur la bataille de Stalingrad :
 Ayant pratiquement échoué dans leurs tentatives d'encerclements lors des phases 1 & 2, les unités blindés qui devaient initialement s’orienter sud-est vers la région de Stalingrad pour soutenir la phase 3 sont déroutées sud-ouest, vers Rostov, à la recherche d’une Vernichtungschlacht (bataille d’anéantissement) qui n’aura pas lieu, les russes retraitant encore une fois ;
 pensant être face à une armée en déroute, Hitler, contre l'avis de ses généraux , décide par la « Directive n°45 » du 23/juillet/1942, de mener simultanément les phases 3 et 4 du plan bleu, affaiblissant les moyens affectés à chaque mission et envoyant leurs troupes sur des axes divergents, ce qui les empêche de se soutenir au niveau militaire et logistique et disperse le soutien de la Luftwaffe.

Bilan du plan Bleu

Après des succès initiaux foudroyants au niveau territorial, les premières difficultés surviennent au mois d’août. En septembre, les forces de l’Axe sont bloquées devant les ports de la mer Noire, ce qui les empêche de se ravitailler par cette voie ; Maïkop est prise mais les puits de pétrole ont été détruits par les russes et restent sous la menace ennemie ; l’avance vers Grozny et Bakou est ralentie voire stoppée ce qui oblige à repousser leur conquête à 1943.

Il apparait donc dès octobre 1942 que le plan bleu est un échec au niveau stratégique : aucun de ses objectifs ne sont atteints.
Un des effets de cet échec sera le renforcement de l'hypercentralisation de la conduite des opérations au tour de Hitler, qui s'isole de plus en plus et perd un peu plus confiance en ses généraux.

Stalingrad : verrou sur la route du Caucase et ville symbole

Enjeux stratégiques

Ce territoire comprend de grosses industries comme l'usine de tracteurs convertie à la production de chars T-34, l'usine d'armement Barrikady ainsi que le complexe métallurgique « Octobre rouge ».

Le fleuve Volga est une voie très importante de transport soviétique en Asie centrale. Le contrôler permet de couper l'approvisionnement en pétrole et carburant en provenance de Bakou ainsi que celui en munitions et en nourriture envoyé par les alliés depuis le golfe Persique à travers l'Iran et l'Azerbaïdjan soviétique le long de la Volga .

Stalingrad est aussi un noeud de communication ferroviaire : les seules lignes à haut débit reliant encore le Caucause au reste du pays passent par Stalingrad, leur coupure ralentit fortement l'envoi de renforts depuis Moscou et la Sibérie , c'est donc une articulation importante de l'organisation militaire soviétique.

De plus, l'espion russe au Japon Richard Sorge a informé Moscou du fait que le Japon attaquerait l'URSS dès que l'armée allemande aurait pris une quelconque ville sur la Volga.

À partir de mi-septembre, voyant la résistance inattendue de la ville, la Stavka décide d’en faire le point de fixation pour un grand encerclement, il faut dès lors que la ville tienne le temps que les forces nécessaire à la contre-offensive arrivent.

Enjeux Symboliques

Stalingrad a longtemps été une ville frontière ; elle demeure dans l’imaginaire russe « la dernière ville du monde russe » ; au-delà s’étend le Kazakhstan à l’est et le Caucase au sud.

Selon l’épopée révolutionnaire soviétique, c’est là, à Tsaritsyne, que durant la guerre civile le commissaire politique Staline a repoussé les Russes blancs et sauvé Moscou de la famine même si, dans les faits, il n’a eu qu’un rôle militaire mineur. D’où le changement de nom de la ville qui devient Stalingrad en 1925.

Depuis le 28/juillet/1942, Staline, par l'Ordre n°227, a de nouveau interdit toute retraite, lançant le mot d'ordre (Pas un pas en arrière). Ce texte, lu à toutes les troupes, dépeint dans son introduction de façon réaliste l'état militaire et économique de l'URSS, loin des clichés de la propagande ; chaque soldat russe sait donc qu'il se bat pour la survie d'un pays au bord du gouffre.

Après l’échec du plan Bleu, c’est la seule victoire d’importance que Hitler peut encore apporter à son peuple.

Après les premières semaines de résistance, tous les journaux du monde suivent le déroulement de la bataille.
C’est un sujet que la propagande des deux camps ne peut ignorer, la pression médiatique fait à elle seule de la ville un enjeu symbolique.

Ces éléments contribuent à faire de cette bataille un point de cristallisation des deux armées qui y jettent toutes leurs forces. C'est une guerre totale, une guerre idéologique, économique et militaire qui mobilise les deux pays tout entiers.

Déroulement de la Bataille

La bataille de Stalingrad s’étale sur près de 6 mois entre le 23/juillet/1942 et le 2/février/1943, on peut la diviser en 4 phases principales : 
 l’avancée allemande vers la ville (juillet-aout)
 l’attaque allemande de la ville (septembre-novembre)
 la contre offensive russe qui encercle les allemands dans la ville qu’ils avaient presque conquise (à partir du 19/novembre/1942)
 la reconquête de la ville par les russes jusqu’à la capitulation de Paulus.

A cela on ajoute en général l’opération de secours allemande pour briser l’encerclement voire l’extension de l’offensive russe qui se termine en mars 1943 et ramène approximativement le front sur la ligne du printemps 1942.

L’opération Braunschweig

L'« opération Braunschweig », à partir du 23/juillet/1942 est prépondérante dans l'échec allemand. Alors qu'il était initialement prévu lors de la préparation de l'Opération Fall Blau que le Groupe d'Armées B comprenant la 6 Armée et surtout la 4 Panzerarmee, couvertes sur le Don par l'ARMIR (Armata Italiana in Russia), les Hongrois et les Roumains, ainsi que la 2 Armée à hauteur de Voronej devait foncer dans la grande boucle du Don et le corridor Don-Volga, Hitler ordonne que la 4 Panzerarmee (en fait le XLVIII. Panzerkorps renforcé) rejoigne le Groupe d'Armées A et soit déroutée vers le Caucase, laissant à la seule 6 Armée (également renforcée) la mission de conquérir la grande boucle du Don et la ville de Stalingrad. 

Ce changement a deux conséquences désastreuses :
 la 6 Armée n'est plus assez puissante pour opérer seule, de manière décisive, dans la grande boucle du Don. Cela entraîne un renforcement de la résistance soviétique face à l'affaiblissement des forces d'assaut allemandes du secteur, entraînant un ralentissement de la progression dans Stalingrad préjudiciable à sa conquête avant l'hiver.
 la 4 Panzerarmee, en rejoignant la 1 Panzerarmee et la 17 Armée dans leur progression vers le Caucase, provoque un effet inattendu et catastrophique : elle embouteille complètement les voies logistiques de la Heeresgruppe A en ralentissant également la progression, sans même pouvoir entrer en ligne.

Aussi, à la mi-août 1942, la 4 Panzerarmee est réorientée vers le nord-est, vers Stalingrad. Trois semaines ont ainsi été perdues sans gain notable sur le front du Caucase mais avec des effets négatifs dans la grande boucle du Don.

Forces en présence

Vue satellite. De nos jours, Stalingrad s appelle Volgograd .
Vue satellite. De nos jours, Stalingrads'appelle Volgograd.


Forces allemandes

L'offensive sur Stalingrad était menée par le Groupe d'Armées B. Il était composé de la VI armée (Paulus), la IV armée cuirassée (Hoth), III Armée roumaine, VIII Armée italienne et la II Armée hongroise. Ce Groupe d'Armées B était soumis à l'autorité du colonel-général von Weichs. Paulus avait pour consigne de se diriger droit sur Stalingrad et de la prendre d'assaut. La IV Armée blindée de Hoth était censée le couvrir sur le flanc sud en compagnie de la VIII Armée italienne. Le flanc nord de la VI Armée était censé être couvert par la III Armée roumaine. Comme le gros de l'offensive reposait sur les épaules de la VI Armée, cette dernière reçut en renforts au cours de l'été les 305, 371, 376, 384 et 389 divisions d'infanterie ainsi que les 23 et 24 divisions blindées ; et la IV Armée reçut pour son compte la division motorisée « Gross Deutschland ».

À l'été 1942, la VI Armée était composée des unités suivantes : 
 XIX corps d'armée (général Obstelder) = 336 et 75 Divisions d'infanterie
 XVII corps d'armée (général Hollidt) = 384 et 79 Divisions d'infanterie
 VII corps d'armée (général Heitz) = 376, 389 et 113 Divisions d'infanterie
 XL corps cuirassé (général Stumme) = 3 et 23 Divisions blindées + 29 Division d'infanterie de marine
 LI corps d'armée (général von Seydlitz) = 44, 79 et 297 Divisions d'infanterie, avec des restes des 294 et 305 Divisions d'infanterie.

Après l'offensive du 19 novembre (Opération Uranus), le Groupe d'Armées B ne comprenait plus que la 2 Armée allemande, la 2 Armée hongroise et la 8 Armée italienne. Le Groupe d'Armées du Don était créé. Il était composé des 6 (Paulus) et 4 (Hoth) Armées allemandes, et de la 3 Armée roumaine. Il était commandé par le Maréchal von Manstein. Il reçut en renforts la Division SS Vikings qui était détaché du Groupe d'Armées A. 
En novembre 1942, la Wehrmacht avait déployé, sous le commandement de Friedrich Paulus, la 6 armée allemande, composée de :

- IV Corps d'armée (colonel-général Hermann Hoth) = une vingtaine de divisions allemandes
 Panzergrenadier division Grossdeutschland
 16 division motorisée
 29 division d'infanterie motorisée
 397 division d'infanterie
 361 division d'infanterie

- VIII Corps d'armée
 76 division d'infanterie
 113 division d'infanterie

- XI Corps d'armée
 44 division d'infanterie
 375 division d'infanterie
 384 division d'infanterie

- XIV Corps d'armée
 3 division d'infanterie motorisée
 60 division d'infanterie motorisée
 16 division blindée

- LI Corps d'armée
 71 division d'infanterie
 49 division d'infanterie
 94 division d'infanterie
 100 division de chasseurs (Jäger-Division)
 295 division d'infanterie
 305 division d'infanterie
 389 division d'infanterie
 14 division blindée
 24 division blindée

- Luftwaffe
 IV flotte aérienne commandée par le colonel-général Baron von Richthofen
 IX div. de DA (troupes au sol)

- VIII Corps aérien

- Sapeurs
5 organisation (troupes sous le sol)

Forces soviétiques

Il faut garder à l'esprit que les divisions (corps d'armée, armée, division, régiments, brigades etc.) soviétiques comptaient environ deux fois moins d'hommes que leurs équivalents allemands. Sur le champ de bataille les Soviétiques combattaient pratiquement toujours en infériorité numérique (1 division ~12800 Soviétiques contre 20000 Allemands). Ajoutons que les forces des 62 et 64 armées avaient été nouvellement formées, constituées de jeunes recrues n'ayant pas encore connu le combat pour la plupart. De plus jusqu'en juillet, la totalité des troupes n'était pas encore arrivée sur place. Les 62 et 64 armées furent assez peu renflouées en effectifs jusqu'à la contre-offensive du 19 novembre. Les troupes étaient concentrées en vue de cette contre-attaque au nord et au sud de Stalingrad. C'est donc avec des effectifs infimes que ces deux armées eurent à retenir la 6 armée allemande. Malgré cette infériorité numérique, les soviétiques réussirent à ralentir l'avancée allemande qui n'aboutit à Stalingrad qu'en novembre 1942. L'armée allemande a donc mis quatre mois pour partir du Don et arriver à la Volga. Cette tactique eut pour effet 1° l'excès de confiance de Hitler dans l'affaiblissement humain de l'Armée rouge et 2° un effet de surprise totale le 19 novembre sur les flancs allemands. 
La Garde de l'Armée rouge rassemblait les troupes d'élite des Soviétiques. Elles n'entrèrent au combat vraiment que devant Moscou. Elle était formée des divisions, régiments, brigades qui s'étaient distinguées par leur héroïsme au combat. C'est ainsi qu'après Stalingrad, les 62 et 64 armées rejoignirent la Garde et s'appelèrent dès lors les 62 et 64 armées de la Garde. Ici comme devant Moscou, Staline posta des divisions de la Garde, preuve de l'importance qu'il accordait à ce secteur du front.

Les forces qui résistent à l'offensive allemande

 62 armée (Kolpatchki puis à partir du 19 juillet Gordov)
    13 corps blindé
       649 Brigade blindée
       644 Bataillon blindé
       33 Division d'infanterie de la Garde
       * 84 Régiment d'infanterie de la Garde
       * 88 Régiment d'infanterie de la Garde
       184 Division d'infanterie
       192 Division d'infanterie
       196 Division d'infanterie
       * 783 Régiment d'infanterie
       * 804 Régiment d'infanterie

 64 armée (Tchouikov)
    29 Division d'infanterie
    112 Division d'infanterie
    214 Division d'infanterie (Birioukov)
    229 Division d'infanterie
    66 Division d'infanterie de marine (Smirnov)
    154 Division d'infanterie de marine
    40 Brigade blindée
    137 Brigade blindée (chars lourds KV, chars légers T-60)
    121 Brigade blindée (T60 T34 KV)

Les forces soviétiques de la contre-offensive (19-20 novembre)

 21 armée
 24 armée
 57 armée
 65 armée
 66 armée
 5 armée cuirassée (17 divisions de tirailleurs, 5 divisions de cavalerie, 2 divisions de cavalerie motorisée, 8 brigades cuirassées, 8 brigades motorisées)
 51 armée (4 divisions de tirailleurs, 2 brigades cuirassées)

Vers une âpre bataille

Bombardement de Stalingrad.
Bombardement de Stalingrad.


La Luftwaffe joue un rôle de premier plan : entre juillet et novembre, ses attaques concentrent plus de la moitié de l'activité aérienne de tout le front de l'est (66000 des 133000sorties), et vont crescendo de juillet à novembre : en juillet 2425sorties ; en août 14018 ; en septembre 16754 ; en octobre 25229 ; en novembre 7575. Les sorties sur Stalingrad sont interrompues à partir du 19 novembre, jour de la contre-offensive soviétique.

Le paroxysme des bombardements a lieu le 23/août/1942, un bombardement aérien massif (le plus massif sur le front de l'est : entre 1600 et 2000 sorties, 1000 tonnes de bombes, 3 appareils abattus) de la 4 Flotte aérienne allemande cause une véritable tempête de feu. Selon les estimations, sur les 600000 résidents de Stalingrad à ce moment-là, 40000 furent tués pendant la première semaine de bombardements. 80 % de l'espace habitable de la ville est détruit. 
La défense anti-aérienne de Stalingrad compte la 102 division d'aviation de chasse (composée de 60 chasseurs), et le 1077 régiment de DCA (composé de 566 pièces de DCA, 470 mitrailleuses anti-aériennes, 165 projecteurs, 81 ballons de barrage ; le tout réparti en 37 batteries). La DCA est dirigée principalement par des jeunes femmes volontaires. Elles restent à leurs positions et combattent héroïquement. Le 23 août, les soviétiques abattent 120 avions allemands (90 par la DCA, 30 par les chasseurs). Ce même jour, la DCA est obligée de transférer une partie de ses batteries sur la rive gauche de la Volga pour combattre les chars de la 14 Panzerdivision ; les pièces restées sur la rive droite sont engagées dans les combats urbains. À partir du 23 août et jusqu'au 19 novembre (jour de la contre-offensive soviétique), les bombardements ne baisseront pas d'intensité. La DCA soviétique est efficace ; l'aviation allemande lui destine le tiers de ses bombes. En septembre, elle est toujours là. Mais les piqués des bombardiers Stukas (junkers 87) et les blindés de la 16 Panzerdivision ont finalement raison de chacune des 37 batteries anti-aériennes.

Dans la seconde quinzaine d'août, les Allemands atteignent les faubourgs de la ville. Le 23 août, quelques sections de l'infanterie allemande atteint la Volga au nord de Stalingrad (quartier du marché). Des unités d'infanterie marine et des milices d'ouvriers sont envoyés en renfort d'urgence. Une autre avancée allemande vers le fleuve au sud de la ville suit. Les combattants soviétiques sont donc encerclés dans la ville, adossés à la Volga, malgré divers moyens mis en œuvre pour circuler sur le fleuve. 
Dans la phase initiale, la défense soviétique est fondée essentiellement sur des « milices ouvrières » composées d'ouvriers indirectement impliqués dans la production de guerre. Les chars continuent d'être produits et équipés par des équipes d'ouvriers d'usine volontaires. Les engins sont conduits directement de l'usine à la ligne de front sans même avoir été peints.

Enlisement et batailles de rue sanglantes

Les combats font rage pour chaque rue, chaque usine, chaque maison, chaque sous-sol et chaque escalier. Les Allemands appellent cette guerre urbaine invisible Rattenkrieg (« guerre de rats ») et une plaisanterie ironique se répand à ce sujet : « Une fois la cuisine capturée, on combat toujours pour la salle de séjour »…

Les soldats soviétiques se battent dans un demi-sommeil, car ils dorment rarement plus de trois heures d'affilée : leurs nuits sont entrecoupées d'alertes, attaques, contre-attaques... Les Soviétiques et les Allemands se mitraillent sans cesse à l'aveuglette, en plus des bombardements incessants, pour maintenir sous pression l'adversaire. Il faut effectuer des reconnaissances de nuit, en rampant dans les décombres, afin de mener des attaques-surprises nocturnes qui terrifient les Allemands. Le contact avec l'arrière est fréquemment coupé, en particulier avec l'état-major, installé de l'autre côté de la Volga. Les postes de commandement sont installés à la va-vite dans les sous-sols (les seuls abris restants), mais sont rapidement détruits. Une simple maison peut être considérée comme une « position stratégique ».

La « Maison de Pavlov » en 1943.
La « Maison de Pavlov » en 1943.


Sur le kourgane Mamaïev, une colline de 102mètres de hauteur, les combats sont particulièrement impitoyables. L'enjeu est crucial pour la Wehrmacht qui veut installer de l'artillerie dans le but de détruire tous les bateaux naviguant sur la Volga. La colline change de mains plusieurs fois et les Allemands n'ont jamais pu installer leur artillerie lourde. Pendant une contre-attaque soviétique pour reprendre le kourgane Mamaïev, les Soviétiques perdent une division entière de 10000 hommes en un jour. À l’Ascenseur à grain, un énorme complexe traitant le grain dominé par un énorme silo, le combat est si rapproché que les soldats soviétiques et allemands peuvent selon les témoignages s'entendre respirer. Dans une autre partie de la ville, un immeuble défendu par un peloton soviétique sous le commandement de Iakov Pavlov est transformé en forteresse impénétrable, après s'être fait couper du reste des forces par une attaque allemande. Le bâtiment, plus tard appelé la « Maison de Pavlov », surveille une place au centre de la ville. Les soldats l'ont entourée avec des champs de mines, des nids de mitrailleuses aux fenêtres et ont cassé des cloisons pour améliorer la communication. Ils tiennent plus de 27 jours, exemple de l'intensité de la bataille.

Les Allemands transfèrent l'artillerie lourde à l'intérieur de la ville, y compris plusieurs énormes mortiers de 600mm. L'artillerie soviétique sur la berge orientale de la Volga continue à bombarder les positions allemandes. Les défenseurs soviétiques utilisent les ruines à bon escient comme position défensive, en montant entre autres des pièges (par exemple des tourelles de chars positionnées statiquement dans les ruines). Les chars d'assauts allemands deviennent inutiles dans les tas de débris pouvant aller jusqu'à huit mètres de haut. S'ils parviennent à avancer, ils sont pris sous le feu antichar soviétique provenant des toits.

Ces conditions ralentissent la progression allemande.

Pour Joseph Staline et Adolf Hitler, la bataille de Stalingrad est devenue une question de vie et de mort. Le commandement soviétique déplace les troupes de réserve stratégiques de l'Armée rouge à Moscou vers la Volga et transfère toute l'aviation disponible du pays entier à Stalingrad. Les pressions sur les deux commandants militaires sont immenses : Friedrich Paulus développe un tic incontrôlable à son œil et Vassili Tchouïkov éprouve une manifestation d'eczéma qui exige de lui bander complètement les mains.

En novembre, après trois mois de carnage et d'avance lente et coûteuse, les Allemands atteignent finalement les rives du fleuve, capturant 90% de la ville ruinée et coupant les forces soviétiques restantes en deux poches étroites.

Les problèmes logistiques

La bataille de Stalingrad est un défi logistique pour les deux protagonistes :

Coté Soviétique car leur seul moyen d'approvisionnement est la traversée de la Volga par bateau (le dernier pont reliant la ville à la rive est a été dynamité au tout début de la bataille dès l'arrivée des allemands dans les faubourgs). Le fleuve étant très vite sous le feu de la VIe armée et sous la menace constante de la Luftwaffe la traversée ne peut se faire que de nuit dans des conditions périlleuses. De plus les lignes de chemin de fer débouchant à Stalingrad sont coupées par les lignes allemandes, ce qui compartimente le front en 3 parties distinctes (au nord sur le Don, dans la ville et enfin au sud). Cela empêche tout transfert rapide de troupe d'un secteur à l’autre.

L'approvisionnement de la ville dépendra donc d'une ligne de train unique dont le terminus est sous la menace de l'aviation ennemie, ce qui oblige à débarquer les troupes loin du front à leur faire terminer le chemin à pied et de nuit, pour attendre cachées dans les forêts de la rive gauche de pouvoir traverser le fleuve à leur tour. Malgré la précarité de ce lien, l'approvisionnement de Tchouikov ne sera jamais stoppé jusqu'à l'apparition des glaces dérivantes sur la Volga début novembre, il recevra ainsi près de 100000 hommes.

Coté Allemand c’est le ravitaillement du groupe A, dans le Caucase, qui est prioritaire, ce qui posera problème à Paulus notamment dans sa marche vers la ville, lors de la conquête de la boucle du Don, où ses troupes tombent à cours de carburant .

Lors de la bataille pour la ville, la ligne de chemin fer dont dépend son approvisionnement s’arrête à une centaine de kilomètres à l’ouest, à Tchir sur la rive ouest du Don. Son approvisionnement se fait donc au début par camions, puis, à partir de fin août, les pannes s’accumulant, par charrettes tirées par des chevaux ou même des bœufs.

La quantité de munitions consommée par les combats urbains ayant été gravement sous-estimée, les réserves des troupes allemandes sont faibles au point que leur artillerie tombera parfois à cours d’obus lors de la bataille.

Tout au long de la bataille, le commandement allemand fait le pari qu’une chute prochaine de la ville résoudra le problème, aussi l’envoi de munitions est-t-il toujours prioritaire, prenant la pas sur la nourriture (les soldats allemands souffrent de la faim avant même leur encerclement par les russes), sur les équipements d’hiver mais aussi sur le pont de chemin de fer pour passer le Don à Tchir qui aurait permis de rétablir un approvisionnement par rail.
Les partisans, la manque de charbon, les condition météo font que sur les 18 trains de ravitaillement quotidien jugés nécessaire pour la VI armée elle n'en recevra pas plus de 10 à 14 (la construction du pont nécessitant à elle seule un total de 70 trains).

La contre-attaque soviétique du 19 novembre

Contre-attaque soviétique à Stalingrad.
Contre-attaque soviétique à Stalingrad.

 

Soldats soviétiques ayant fait des prisonniers de guerre allemands passent devant le silo à grain de Stalingrad en février 1943.
Soldats soviétiques ayant fait des prisonniers de guerre allemands passent devant le silo à grain de Stalingrad en février 1943.


À l'automne, le général Joukov, responsable de la planification stratégique dans la région de Stalingrad, concentre les forces soviétiques dans les steppes au nord et au sud de la ville.

Son plan est d'encercler à l’intérieur de la ville les importantes forces allemandes mobilisées pour prendre Stalingrad en passant à travers les larges flancs allemands particulièrement vulnérables, puisqu'ils ne sont défendus que par les unités hongroises, italiennes et roumaines dont l'équipement est inférieur et le moral bas.

Cette faiblesse est connue depuis le mois d'aout (Hitler disant même ), les allemands continuent cependant à envoyer des troupes supplémentaires dans la ville pour hâter sa chute. La seule réaction face à la concentration des forces russes détectée dans les têtes de pont sur le Don et aux rapports d'espions qui annoncent un offensive majeure dans le secteur est d’envoyer en soutien de la 3 armée roumaine le 48 panzer corps du général Heim qui ne comprend que 13 chars capables de s’opposer aux T34 soviétiques.

L’offensive soviétique, dont le nom de code est Uranus, est lancée le 19/novembre/1942, une semaine avant une autre tentative d'attaque en pince, d’égale importance : l'opération Mars, dirigée contre le groupe d'armée centre à l'ouest de Moscou.

Le 19 novembre, le flanc nord du dispositif allemand est attaqué depuis les têtes de pont que les soviétiques avaient conservées à l'ouest du Don par le front du sud-ouest du général Nikolaï Vatoutine, secondé par quelques unités du front du Don du général Rokossovsky. Trop écartée, dépassée en nombre et mal équipée, la 3 Armée roumaine, qui tient le flanc nord de la 6 armée allemande, est brisée après une défense d'une journée.


Le lendemain, la 4 armée roumaine qui tient le flanc sud connaît le même sort face aux troupes du front de Stalingrad du général Ieremenko.

Le 23 novembre, les deux pinces de la tenaille se rejoignent à Kalatch, parachevant l'encerclement de Stalingrad.

Isolement des forces allemandes et ordres suicidaires

Paulus (au premier plan) après sa capture.
Paulus (au premier plan) après sa capture.

 

Prisonnier de guerre allemand.
Prisonnier de guerre allemand.


Le 21 novembre, renvoyé dans Stalingrad assiégé avec ordre de maintenir une position défensive, Paulus estime qu'il ne lui reste que six jours de vivres et de munitions. Cependant, quitter Stalingrad signifierait abandonner sur place tout le matériel lourd et près de 15000 blessés pour entamer une retraite que le général Schmidt, chef d'état major de Paulus, qualifie de « napoléonienne ». Mais après l'hésitation initiale, il demande dès le lendemain, avec l'appui de ses cinq généraux des corps d'armée, une percée immédiate. 

Le ravitaillement des assiégés doit être assuré par la Luftwaffe, comme la poche de Demiansk l'hiver précédent. Cependant, même s'il est estimé possible par Goering qui promet 500tonnes de ravitaillement par jour sur les 750t/j demandées par Paulus, le ravitaillement aérien des 290000 hommes enfermés dans la ville avait été jugé impossible dès le 21 novembre par Von Richthofen et Martin Fiebig. De fait, le pont aérien ne réussira qu'à apporter en moyenne 94t/j sur la totalité du siège. Début janvier, la ration de pain quotidienne est réduite à 50grammes et on compte les premiers décès dus à la faim. L'action de la luftwaffe, tant que les avions pourront se poser dans la poche, permettra d'évacuer environ 250000 blessés.

Coupées de leurs arrières par la manœuvre d'encerclement opérée par les Soviétiques, les forces allemandes ne peuvent plus compter que sur elles-mêmes. Peu après, la perte des aérodromes de Tatzinskaïa et Morozovskaïa aggrave encore la situation. L'aviation allemande se voit en effet dans l'impossibilité d'organiser un pont aérien efficace et donc de fournir vivres, munitions et hommes. Ceci, ajouté à la pression exercée par l'Armée rouge, rend la situation intenable.

Les divisions blindées, commandées par Von Manstein, que le commandement de la Wehrmacht a envoyées pour briser l'encerclement de Paulus sont arrêtées et repoussées par l'Armée rouge, d'autant que Paulus refuse de désobéir aux ordres du Führer et de tenter une sortie. Cet échec scelle le sort des troupes assiégées. Hitler octroie à Paulus le titre de maréchal, afin d'inciter ses hommes à le défendre jusqu'au bout, car jamais un récipiendaire de cette haute distinction n'a été capturé. Hitler justifie leur sacrifice par le fait que ces troupes permettent de fixer sept armées russes, ce qui lui laisse le champ libre pour attaquer un autre secteur. Les soldats de la VI armée doivent impérativement mourir au combat, qui s'est rendu coupable de massacres de populations lors de sa progression. 

Les troupes de la RKKA (Rabotche-Krestianskaïa Krasnaïa Armïa - « l'Armée rouge des ouvriers et paysans ») procèdent alors au morcellement des unités adverses en coupant le secteur sud de Stalingrad du secteur nord.

La découverte par les Soviétiques de Paulus et de son état-major, cachés dans une cave, accélère la capitulation des forces allemandes qui a lieu le 31 janvier 1943 pour le secteur sud et le 2 février 1943 pour le secteur nord. Paulus en personne donne à ses troupes l'ordre de se rendre.

Conséquences

Un aspect de Stalingrad après la bataille.
Un aspect de Stalingrad après la bataille.


Bien que le général Paulus ait tenu un temps les neuf dixièmes de la ville, les forces de l'Axe furent impuissantes face à l'extraordinaire force morale des Soviétiques et à leur tactique d'encerclement. 

Les Soviétiques s'emparent de 60000 véhicules, 1500 blindés et 6000 canons. Ils font 91000 prisonniers dont 24 généraux. L'armée soviétique n'avait rien prévu de spécifique pour accueillir ces prisonniers et , victimes d'un mélange de causes entre . Ce dernier point, principalement l'absence de nourriture, a joué un rôle important dans les décès initiaux des premières semaines, . Pendant cette première période, le gros des morts survint dans les hôpitaux de campagne ou dans ce que Antony Beevor qualifie de vers les camps. .

L'arrivée du printemps 1943 ralentit le rythme des morts mais sans le stopper. Pendant tout leur captivité, qui pour certain dura jusqu'en 1954, .

Conditions de combat

Vassili Grigorievitch Zaïtsev (1942).
Vassili Grigorievitch Zaïtsev (1942).


Les conditions dans lesquelles les combattants des deux camps prirent part à la bataille étaient extrêmes, et ont donné une dimension jusqu'alors inconnue à la guerre urbaine. 

Pour les Russes encerclés dans Stalingrad, la principale difficulté tactique est l'obstacle constitué par la Volga, rendant périlleuses les traversées pour ravitailler les troupes. En de nombreux points, l'armée allemande peut atteindre en tir direct, à la mitrailleuse ou au canon, les convois d'embarcations hétéroclites opérant la jonction. Un nombre important de soldats arrivant en renfort sont ainsi tués pendant la traversée. Celle-ci est rendue encore plus difficile au moment des premières glaces en novembre.

Les postes de commandement soviétiques sur la rive occidentale sont dangereusement proches des combats. En au moins une occasion, la garde rapprochée de Vassili Tchouïkov, commandant de la 62 armée, doit se battre face à une attaque des Allemands. Au plus fort de l'avancée allemande, les têtes de ponts soviétiques sur la rive occidentale ne sont profondes que de quelques centaines de mètres, obligeant les katiouchas à reculer jusqu'à la dernière extrémité de la berge pour tirer sur les premières lignes allemandes.

C'est à Stalingrad qu'on voit apparaître un nouveau type de combattant, le tireur embusqué (ou sniper), dont « Zikan », un tireur inconnu, qui tue 224 Allemands et Vassili Grigorievitch Zaïtsev, berger ouralien qui compte à son actif 225 tués lors de la bataille. Ce sont des tireurs d'élite qui visent discrètement leurs victimes à grande distance et les tuent ou les blessent assez gravement pour que leurs camarades tentent de les secourir et donc s'exposent. De tels combattants sont érigés en héros par la propagande soviétique. Ce climat de crainte permanente contribue à saper le moral des combattants de l’Axe.

Civils dans Stalingrad en ruines.
Civils dans Stalingrad en ruines.


L'extrême dureté des combats incite la majorité des combattants russes à consommer d'importantes quantités de vodka. Chaque unité devant recevoir une ration par soldat, nombre de commandants d'unités dissimulent les pertes, les vivants pouvant ainsi se partager les rations des morts. « L'alcool à 90° des infirmeries était rarement utilisé à des fins licites. L'on buvait aussi de l'alcool industriel et même de l'antigel après passage dans le filtre de carbone d'un masque à gaz », avec des conséquences parfois mortelles. 

Lorsque les usines ne sont plus en état de produire, plusieurs milliers de civils, essentiellement des enfants et des vieillards restent dans la ville, y compris au plus fort des combats. Outre la menace constante d'être tué par un obus ou une balle perdue, la famine fait des ravages parmi cette population bloquée sur place.

Pertes

hommes, tués, blessés et prisonniers. Les Soviétiques ont 487000 tués et 629000 blessés.
Dans la ville même et ses environs, les Soviétiques relèveront 150000 cadavres allemands. En tout l'Allemagne a perdu plus d'1,5 millions d'hommes (prisonniers, blessés, tués, disparus). Le 2 février 1943, plus de 91000 Allemands survivants se rendent, dont 2500 officiers, 24 généraux et un maréchal.